L’histoire d’amour de Laurie Magnan

« C’est avec certitude que je voulais m’impliquer dans un centre d’artistes plutôt que tout autre institution culturelle, par le fait que cet écosystème permet aux artistes de gérer leurs moyens de production. Le modèle du centre d’artiste est unique au soi-disant Canada, il s’inscrit en dehors de la marchandisation de l’art et a pour mission première de soutenir les artistes.»  

Cette année, notre campagne annuelle de dons célèbre l’équipe derrière nos services!

Tout au long de la campagne de dons, on vous présentera l’équipe de travailleurses, une précieuse personne à la fois, pour valoriser leurs connaissances respectives et vous inclure davantage encore au cœur de L’imprimerie. Toutes les deux semaines vous pourrez lire une présentation d’un·e travailleurse ainsi que leur lettre d’amour pour L’imprimerie, l’imprimé et ses artistes!    

En poste à la direction générale depuis le mois d’août, Laurie Magnan se démarque par son rire contagieux, son écoute, mais surtout par un désir sincère de contribuer à faire de L’imprimerie un milieu de vie inclusif et accueillant pour tous·tes.  

Nous vous invitons à découvrir son histoire d’amour avec L’imprimerie et sa pratique à travers cet article.  

Épilobes, tatouskak, 2019

« L’imprimerie, c’est d’abord une communauté fondée et soudée par le care, l’expérimentation et la bienveillance.

C’est une équipe solidaire, qui se tient les coudes pour offrir un espace le plus inclusif et accessible possible.

C’est beaucoup d’éclats de rire et d’encouragements.

C’est une communauté qui veut apprendre et s’améliorer.

C’est un dialogue constant, la collaboration et l’intelligence collective.

C’est apprendre de nouvelles techniques et s’ouvrir à de nouvelles manières de faire.

C’est miser sur la force du collectif et la mise en commun des expériences.

C’est reconnaître les différents savoir-faire et les valoriser.

C’est la diversité des pratiques.

C’est célébrer les erreurs comme faisant partie du processus.

C’est le réenchantement par une culture du soin, de l’écosensible et du non-toxique.

Fuir les tempêtes, Notre-Dame-de-Ham, 2022

C’est avec certitude que je voulais m’impliquer dans un centre d’artistes plutôt que tout autre institution culturelle, par le fait que cet écosystème permet aux artistes de gérer leurs moyens de production. Le modèle du centre d’artiste est unique au soi-disant Canada, il s’inscrit en dehors de la marchandisation de l’art et a pour mission première de soutenir les artistes.


Pointe-rouge, tatouskak, 2019

Le centre d’artistes est un lieu communautaire, une mise en commun des ressources, une équipe de travailleur·ses salarié·e·s aux multiples expertises et une fourmilière de bénévoles impliqué·e·s dans les comités; la définition même du pour et par les artistes. Tous nos efforts sont mis en commun pour fournir les ressources appropriées aux créateurices. On y parle de pratique, de création, de communauté, d’implication, d’entraide et d’exploration. Le manque criant de fonds en culture et le statut précaire des centres d’artistes montrent le mépris pour le mode d’organisation alternatif et les organismes dont le but n’est pas le profit. Supporter les artistes et faire communauté dans un système néolibéral est un pied de nez au capitalisme et à la culture individualiste. L’imprimerie est un lieu vivant qui cultive le vivant. »

De brèves surimpressions – animouski, 2022

De brèves surimpressions – (r)assurer, 2022


Crédit photo: Katya Koniokhova

Biographie

Laurie Magnan (iel/y) est travailleurse culturel·le basé·e à Tiohtià:ke/Montréal et est diplomé·e en histoire de l’art à l’UQAM. Iel s’intéresse particulièrement aux liens entre l’art et le politique, aux autopublications, aux rapports de pouvoir ainsi qu’aux luttes queers, décoloniales et anticapitalistes. Iel est directeurice générale de L’imprimerie depuis août 2023, membre du conseil d’administration de la coopérative Press Start au Bâtiment 7 et impliqué·e dans des projets collectifs de commissariat. Anciennement, iel a été co-coordonnateurice à l’Atelier La Coulée, ouvrière agricole dans une coopérative à Tadoussac, membre de collectifs féministe, anarchiste et de projets d’éditions indépendants. Ses projets se concentrent sur la mise en pratique de la théorie et la création d’espaces qui renforcent les communautés alternatives et marginalisées. 

© L’imprimerie, centre d’artistes, 2024